Dark? Switch Mode
Dragon Ball Super : L’Écho de Sadala

Chapitre 2 Chapitre 2 – Les héritiers

11 min de lecture

Avertissement

Violence, combats, destruction et quelques scènes pouvant heurter les plus jeunes lecteurs.

La Capsule Corporation ne dormait jamais vraiment.

Même au coeur de la nuit, certains laboratoires restaient éclairés, les machines poursuivant leurs calculs dans un bourdonnement constant. Derrière les immenses baies vitrées du bâtiment principal, Bulma observait les données défiler sur plusieurs écrans.

Le signal avait été analysé des centaines de fois.

Chaque tentative donnait le même résultat.

L’origine se trouvait bien dans une région officiellement vide de l’Univers 7.

Aucune étoile répertoriée.

Aucune planète habitable.

Aucune route commerciale.

Rien.

Et pourtant, le message existait.

Bulma agrandit la représentation de l’onde sur son écran. La transmission était ancienne, extrêmement dégradée, mais certains éléments la dérangeaient davantage que les mots prononcés.

Le signal ne s’était pas simplement propagé dans l’espace.

Il s’était répété.

Quelque chose le diffusait encore.

« Tu n’as pas dormi, n’est-ce pas ? »

Bulma sursauta légèrement.

Trunks se tenait dans l’encadrement de la porte, les cheveux ébouriffés et les yeux à moitié fermés. Il portait encore son pyjama, mais tenait déjà une tasse fumante entre ses mains.

« Depuis quand tu bois du café ? »

Trunks baissa les yeux vers la tasse.

« C’est du chocolat. »

« Ah. Alors tout va bien. »

Il s’approcha des écrans.

Une carte de l’Univers 7 occupait le mur principal. Une ligne lumineuse partait de la Terre et s’enfonçait dans une zone obscure, loin des systèmes connus.

« C’est là que papa veut aller ? »

Bulma ne répondit pas tout de suite.

« Oui. »

Trunks observa les chiffres et les symboles qui entouraient le point rouge.

« Et Gokû va l’accompagner ? »

« Ton père prétend que non. »

« Donc Gokû va l’accompagner. »

Bulma esquissa un sourire.

« Tu connais bien ton père. »

Trunks posa sa tasse.

« Je peux venir ? »

« Non. »

La réponse fut immédiate.

« Mais… »

« Non. »

« Je n’ai même pas encore donné mes arguments. »

« Je les connais déjà. Tu es un Saiyan, ça concerne ton peuple, tu peux te défendre, et tu promets de ne toucher à rien. »

Trunks se tut.

Bulma croisa les bras.

« Tu allais vraiment promettre de ne toucher à rien ? »

« Pas exactement. »

« Voilà. »

Il regarda de nouveau la carte.

La curiosité avait remplacé la fatigue sur son visage.

« Tu crois vraiment que Sadala existe encore ? »

Bulma prit quelques secondes avant de répondre.

« Je crois qu’il existe quelque chose à l’endroit d’où vient ce signal. Pour le reste, je préfère attendre d’avoir des preuves. »

Elle désigna les données.

« Cette transmission peut avoir été envoyée depuis une station, un vaisseau ou une ancienne colonie. Le nom de Sadala ne signifie pas forcément qu’il s’agit de la planète elle-même. »

Trunks hocha lentement la tête.

« Mais papa pense que oui. »

« Ton père pense surtout que personne d’autre que lui n’est qualifié pour comprendre ce qu’on va trouver. »

« Et il a tort ? »

Bulma soupira.

« C’est bien le problème. Pas complètement. »

Une porte coulissante s’ouvrit derrière eux.

Vegeta entra dans le laboratoire, déjà vêtu de sa combinaison de combat. Son armure était propre, restaurée, presque trop impeccable pour quelqu’un qui s’apprêtait à partir vers une civilisation perdue.

Il jeta un regard à Trunks.

« Que fais-tu ici ? »

« Je me renseignais. »

« Retourne te coucher. »

« Je veux venir. »

Vegeta continua d’avancer comme s’il n’avait rien entendu.

« Papa. »

Il s’arrêta.

Trunks se redressa.

« Si ce signal vient vraiment de Sadala, ça concerne aussi mon histoire. »

Vegeta tourna légèrement la tête.

« Non. »

« Pourquoi ? Parce que je ne suis qu’à moitié Saiyan ? »

Le silence s’installa.

Bulma observa son fils, puis Vegeta.

Le prince des Saiyans se retourna enfin.

« Parce que tu n’es pas prêt. »

« Tu ne m’as même pas testé. »

« Je n’en ai pas besoin. »

Trunks serra les poings.

« Je suis plus fort que beaucoup de Saiyans ne l’étaient sur la planète Vegeta. »

Vegeta s’approcha lentement de lui.

« La force ne suffit pas. »

« C’est pourtant ce que tu répètes tout le temps. »

Le regard de Vegeta se durcit.

Trunks comprit immédiatement qu’il était allé trop loin, mais refusa de baisser les yeux.

« Tu ne sais pas ce que nous allons trouver », reprit Vegeta. « Tu n’as jamais connu notre peuple. Tu n’as jamais vécu selon ses lois. Tu ignores comment il pensait, comment il combattait et jusqu’où il pouvait aller pour survivre. »

« Justement. »

La réponse de Trunks fut plus calme.

« J’aimerais comprendre. »

Vegeta ne répondit rien.

Pendant un instant, quelque chose passa dans son regard. Pas de la colère. Pas exactement.

Une hésitation.

Puis son visage se referma.

« Tu restes ici. »

Il se détourna.

Trunks le regarda quitter la pièce sans ajouter un mot.

Bulma posa doucement une main sur l’épaule de son fils.

« Ce n’est pas contre toi. »

« On dirait pourtant. »

« Ton père a passé une grande partie de sa vie à rejeter ce qu’il était. Maintenant qu’une partie de ce passé revient lui parler, il ne sait probablement pas encore s’il doit lui répondre ou le détruire. »

Trunks fronça les sourcils.

« C’est censé me rassurer ? »

« Pas vraiment. »

Bulma se remit face aux écrans.

« Mais c’est honnête. »

Le vaisseau préparé par Bulma attendait au centre de la piste extérieure.

Il était plus compact qu’un appareil de transport classique, mais suffisamment grand pour accueillir plusieurs passagers et du matériel scientifique. Sa coque blanche et bleue reflétait les premières lueurs du jour.

À l’intérieur, Gokû examinait chaque compartiment avec enthousiasme.

« Il y a même une cuisine ! »

Vegeta entra derrière lui.

« Que fais-tu ici ? »

Gokû se retourna, un morceau de nourriture déjà dans la bouche.

« Je vérifie les provisions. »

« Sors. »

« Bulma m’a dit que je pouvais venir. »

Vegeta fixa sa femme, qui se tenait près de la rampe d’accès.

« Je n’ai jamais dit ça », répondit Bulma.

Gokû avala rapidement.

« Elle a dit qu’il y avait assez de place pour deux. »

« Ce n’est pas la même chose », précisa Bulma.

« Moi, j’ai compris ça comme une invitation. »

Vegeta ferma les yeux.

« Kakarotto… »

« Quoi ? Tu préfères voyager seul dans une région inconnue, guidé par un message qui dit explicitement de ne pas venir ? »

Vegeta rouvrit les yeux.

« Oui. »

« Ce n’est pas très prudent. »

« Depuis quand la prudence t’intéresse-t-elle ? »

Gokû réfléchit.

« Depuis que ça peut me permettre de venir. »

Bulma leva les yeux au ciel.

« Il vient. La question est réglée. »

Vegeta se tourna vers elle.

« Tu n’as pas à décider… »

« C’est mon vaisseau. »

Il se tut.

Bulma lui tendit une petite capsule.

« À l’intérieur, tu as du matériel de survie, deux combinaisons atmosphériques, des balises et un communicateur longue portée. »

Vegeta prit la capsule.

« Inutile. »

« Tu dis toujours ça avant d’avoir besoin de quelque chose. »

« Je n’ai jamais besoin de quoi que ce soit. »

« Tu as eu besoin de moi pour construire ce vaisseau. »

Gokû sourit.

Vegeta lui lança un regard qui fit disparaître son sourire.

Bulma reprit :

« Le système de navigation suivra la source du signal, mais il faudra effectuer plusieurs sauts. Même avec le moteur amélioré, le voyage prendra presque deux jours. »

« Deux jours ? » répéta Gokû. « On n’aurait pas pu demander à Whis ? »

« Whis n’est pas un taxi », répondit Bulma.

« Il le fait souvent quand même. »

« Beerus a refusé. »

Vegeta croisa les bras.

« Tant mieux. »

Bulma le regarda avec méfiance.

« Pourquoi tant mieux ? »

« Parce que nous n’avons pas besoin d’un dieu capricieux ou d’un ange curieux pour explorer les ruines de mon peuple. »

Gokû posa les mains derrière la tête.

« Moi, je suis curieux aussi. »

« Toi, tu es une nuisance. »

Un bruit de pas se fit entendre derrière eux.

Trunks approchait, accompagné de Goten. Tous deux portaient des vêtements de ville, mais leurs expressions trop innocentes trahissaient immédiatement leurs intentions.

Bulma posa les mains sur les hanches.

« Non. »

Goten s’arrêta.

« On n’a encore rien demandé. »

« Inutile. »

Trunks regarda son père.

« Je voulais juste vous dire au revoir. »

Vegeta l’observa quelques secondes.

« Hm. »

Trunks serra les dents.

« C’est tout ? »

« Que veux-tu que je dise ? »

« Je ne sais pas. Peut-être que tu reviendras. »

Vegeta monta sur la rampe.

« Évidemment que je reviendrai. »

Il passa devant son fils, puis ajouta sans se retourner :

« Entraîne-toi pendant mon absence. »

Le visage de Trunks changea légèrement.

C’était peu.

Mais venant de Vegeta, c’était presque une promesse.

Gokû salua Goten.

« Tu diras à Chichi que je suis parti m’entraîner. »

Goten grimaça.

« Elle ne va pas te croire. »

« Dis-lui que Vegeta m’a forcé. »

« Certainement pas », lança Vegeta depuis le vaisseau.

La rampe commença à se refermer.

Bulma recula de quelques pas.

« Et ne cassez pas le vaisseau ! »

« On fera attention ! » cria Gokû.

« Je parlais à Vegeta ! »

Le prince ne répondit pas.

Quelques secondes plus tard, les réacteurs s’allumèrent.

Le vaisseau s’éleva au-dessus de la Capsule Corporation, puis accéléra brutalement jusqu’à disparaître dans le ciel.

Trunks suivit sa trajectoire du regard.

Goten s’approcha de lui.

« Tu vas vraiment rester ici ? »

Trunks ne répondit pas.

Il regardait toujours le ciel.

Puis un léger sourire apparut sur son visage.

« Ma mère a construit ce vaisseau. »

Goten haussa un sourcil.

« Et alors ? »

« Ça signifie que j’ai accès aux plans. »

Bulma, qui se tenait encore derrière eux, croisa les bras.

« Et ça signifie surtout que j’entends parfaitement ce que vous dites. »

Le sourire de Trunks disparut.

Dans l’espace, la Terre n’était déjà plus qu’un point bleu derrière eux.

Gokû était assis devant l’une des fenêtres, fasciné par la vitesse à laquelle les étoiles s’étiraient autour du vaisseau.

Vegeta, lui, restait debout face à l’écran principal.

Le signal apparaissait sous la forme d’une impulsion régulière.

Une onde.

Puis une autre.

Toujours identique.

« Tu crois que quelqu’un nous attend vraiment ? » demanda Gokû.

« Ce message n’était peut-être pas destiné à nous. »

« Il parlait des héritiers. »

Vegeta ne répondit pas.

Gokû se tourna vers lui.

« Ça te fait quoi d’entendre parler de Sadala ? »

« Rien. »

« Tu mens mal. »

Vegeta lui lança un regard froid.

« Je ne mens pas. »

« Tu regardes le signal depuis qu’on est partis. »

« Je surveille notre trajectoire. »

« L’ordinateur le fait tout seul. »

Vegeta serra les mâchoires.

Gokû sourit légèrement, mais cette fois sans provocation.

« Tu sais, moi, je ne me souviens presque pas de la planète Vegeta. »

« Tu ne t’en souviens pas du tout. »

« Oui. Mais parfois, je me demande quand même à quoi elle ressemblait. »

Vegeta resta silencieux.

« Raditz m’en a parlé un peu », poursuivit Gokû. « Enfin, surtout pour m’expliquer que j’avais été envoyé sur Terre pour tuer tout le monde. Ce n’était pas vraiment une présentation touristique. »

« Il t’a dit la vérité. »

« Peut-être. Mais ce n’était pas toute la vérité. »

Vegeta se retourna.

Gokû avait cessé de sourire.

« Les Saiyans n’étaient pas seulement des guerriers », reprit-il. « Ils avaient des familles, des enfants, des maisons. Ils devaient bien avoir des histoires, des traditions, des choses qu’ils aimaient. »

« Tu idéalises un peuple que tu n’as jamais connu. »

« Et toi, tu le réduis peut-être à ce que Freezer en a fait. »

Le poing de Vegeta se referma.

Pendant une seconde, l’air sembla devenir plus lourd dans la cabine.

Gokû ne bougea pas.

Puis Vegeta détourna les yeux.

« Sadala n’était pas un paradis. »

« Tu en sais quelque chose ? »

« Seulement ce que racontaient les anciens. »

Gokû se redressa.

« Qu’est-ce qu’ils disaient ? »

Vegeta observa le signal.

« Que notre peuple s’était détruit lui-même. »

Un silence suivit.

« Des clans rivaux se sont affrontés pendant des générations », continua-t-il. « Les guerres ont ravagé la planète jusqu’à la rendre inhabitable. Les survivants ont fui. Ceux qui sont arrivés sur la planète Vegeta n’étaient qu’une partie de ce qu’avait été notre peuple. »

« Et tu crois que certains sont restés ? »

« Personne n’aurait pu survivre. »

Une nouvelle impulsion apparut sur l’écran.

Cette fois, elle était plus forte.

Gokû se leva.

« On se rapproche ? »

Vegeta examina les données.

« Non. »

L’impulsion augmenta encore.

Les lumières du vaisseau vacillèrent.

Une voix saturée jaillit soudain des haut-parleurs.

« Héritiers… »

Gokû et Vegeta se figèrent.

Le message n’était plus celui de l’enregistrement.

La voix était différente.

Plus grave.

Plus nette.

Et surtout, elle semblait leur parler directement.

« Votre approche a été détectée. »

Vegeta s’avança vers la console.

« Identifie-toi. »

Un grésillement répondit.

Puis la voix reprit :

« Sang royal confirmé. »

Vegeta pâlit légèrement.

Gokû tourna la tête vers lui.

« Sang royal ? »

« Silence. »

Vegeta activa le canal de communication.

« Qui es-tu ? »

Le signal se brouilla.

Des symboles inconnus envahirent l’écran principal.

Puis une image apparut.

Une silhouette massive se tenait dans l’obscurité.

On ne distinguait ni son visage ni son corps, seulement deux yeux rouges et une longue queue immobile derrière elle.

La voix résonna une dernière fois.

« Le prince est revenu. »

L’image disparut.

Toutes les lumières du vaisseau s’éteignirent.

Le moteur se coupa.

Pendant plusieurs secondes, l’appareil dériva dans le vide absolu.

Puis l’espace devant eux se déforma.

Une gigantesque structure noire émergea lentement de l’obscurité.

Elle ressemblait à un anneau brisé, assez vaste pour engloutir une planète entière.

En son centre, une lumière rouge s’alluma.

Et le vaisseau fut aspiré.

❮ Sommaire de la fanfic

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *